Se nourrir ne se résume pas à alimenter son corps pour qu’il fonctionne : il y a dans l’alimentation une forte connotation affective. Le comportement alimentaire peut donc devenir la forme d’expression d’une souffrance, les troubles devenant des maladies à part entière qui peuvent mettre la vie en danger.Certains pensent à leur prochain repas dès qu’ils sortent de table, d’autres vivent l’alimentation comme une corvée. Gourmandise ou ascétisme, ces façons de s’alimenter sont-elles anormales ? Dans la plupart des cas, elles ne constituent pas un trouble du comportement alimentaire. Nous n’avons pas tous le même métabolisme, ni le même rapport à la nourriture. L’essentiel est que notre comportement alimentaire ne mette pas en péril notre santé et réponde aux besoins essentiels de notre organisme.
Les troubles alimentaires peuvent se classer en deux grandes catégories : les troubles boulimiques (avec prise excessive de nourriture) et les troubles anorexiques (avec restriction alimentaire plus ou moins stricte). Ces deux formes de troubles peuvent cependant coexister ; on parle alors d’anorexie-boulimie.
Les troubles anorexiques
Les personnes souffrant de troubles anorexiques (également appelée anorexie mentale) sont obsédées par l’idée de prendre du poids et s’imposent une conduite de restriction alimentaire sévère et durable. Certaines personnes, dites anorexiques contrôlées, respectent ces restrictions. D’autres, les anorexiques boulimiques, alternent phases anorexiques et crises de frénésie alimentaire, s’obligeant à compenser ces crises par une pratique sportive intense, des vomissements ou la prise de médicaments. A l’inverse des personnes souffrant de troubles boulimiques, les anorexiques perdent régulièrement du poids jusqu’à mettre leur vie en danger. Ces troubles sont pris en charge par des équipes pluridisciplinaires au sein de services de psychiatrie.
Les troubles de l’alimentation nocturne
Les troubles de l’alimentation nocturne (night-eating syndrome) se traduisent par un décalage de la prise alimentaire dans la soirée. Les personnes qui souffrent de ces troubles ne mangent rien avant le début, voire la fin de l’après-midi. Elles consomment de grandes quantités de nourriture pendant, et surtout après le dîner, éventuellement jusque tard dans la nuit. Elles souffrent de troubles du sommeil et se relèvent parfois la nuit pour manger. Ces troubles sont présents de manière chronique et peuvent être le symptôme d’une dépression.
Le somnambulisme alimentaire
Le somnambulisme alimentaire (sleep-eating syndrome) est une forme de somnambulisme pendant laquelle la personne mange, au lit ou ailleurs dans la maison, sans en avoir aucun souvenir le lendemain. Ce trouble du comportement alimentaire est également un trouble du sommeil et la personne qui en souffre se sent fatiguée et anxieuse. Les épisodes de somnambulisme alimentaire surviennent de manière occasionnelle ou régulière, souvent pendant un régime trop pauvre en calories. La personne somnambule a alors tendance à consommer les aliments qu’elle s’interdit habituellement. Ce type de trouble peut également être un effet indésirable de certains médicaments hypnotiques.
Les prises alimentaires non conscientes
Les prises alimentaires non-conscientes sont fréquentes. Les personnes consomment des aliments en dehors des repas, sans en garder le souvenir. Ce phénomène se produit le plus souvent chez des personnes qui suivent un régime contraignant. Tout se passe comme si, tiraillée entre le désir de manger et la volonté de suivre le régime, la conscience choisissait de ne pas mémoriser le moment où la règle a été enfreinte.